Ejaculation Précoce – Avez-vous besoin d’un Urologue ?

 

Pour les urologues, un éjaculateur précoce ne peut rester plus d’une minute (ou quinze allers-retours) en pénétration sans éjaculer. Cette définition a sa valeur, mais on imagine facilement qu’un homme qui ne peut pénétrer sa partenaire pendant plus de deux ou trois minutes peut en souffrir, même s’il ne rentre pas dans les critères… C’est pourquoi les médecins travaillent aujourd’hui avec une idée de l’éjaculation précoce qui prend en compte la possibilité pour l’homme de prendre du plaisir sexuel et d’en donner.

Il faut garder en tête que, dans la grande majorité des cas, il n’existe pas de cause physique à l’éjaculation précoce. Les patients sont donc souvent dirigés vers un psychologue ou un sexologue. Et, parfois, également aidés par un traitement médicamenteux. L’avantage de l’urologue est de travailler dans un environnement multidisciplinaire avec différents spécialistes qui collaborent au traitement d’un même patient (psychologue, psychiatre, sexologue, thérapeute corporel…).
Dans la pratique, beaucoup d’hommes se rendent directement chez un spécialiste. parce qu’ils se sentent trop proches de leur généraliste pour lui parler ouvertement de leurs problèmes de sexualité.

Le professeur Reinier-Jacques Opsomer, urologue et coordinateur du Centre de Pathologie Sexuelle Masculine aux Cliniques universitaires Saint-Luc à Bruxelles rappelle que pour la grande majorité des hommes plusieurs facteurs déterminent le meilleur remède. L’un des facteurs peut être l’âge : « beaucoup de patients qui viennent consulter pour ce trouble sont de jeunes adultes, autour de la vingtaine. Plus sensible du pénis et des nerfs, on les rassure en leur conseillant d’augmenter la fréquence des rapports, deux à la suite par exemple, cela ne peut qu’améliorer ce petit désagrément ».

Pol Dumont, kinésithérapeute spécialisé et fondateur de la société scientifique de formation en rééducation considère qu’il y a une méconnaissance des diverses et nombreuses activités au sein du corps médical. La communication insuffisante rend opaque l’offre de remèdes existants. C’est pourquoi le docteur Thierry Roumeguerre, urologue à Érasme, suggère une approche multidisciplinaires.

Plusieurs approches

L’approche pharmacologique préconise l’ingestion de médicaments. Mais si cela a un effet immédiat, le traitement est aussi susceptible de provoquer des effets secondaires et ne résout pas le trouble sur le long terme.

Les sexologues se focaliseront eux davantage sur l’aspect psycho-cognitivo-comportementale, c’est-à-dire tout ce qui vise à modifier les pensées et, de fait, à mieux gérer son excitation sexuelle. Penser à son comptable ou à sa belle-mère en skate n’est en effet d’aucune aide. L’idée est de rester dans cette bulle érotique tout en contrôlant les sensations. « Se mettre la pression ou être dans la retenue, empêche l’homme de profiter de l’instant présent » dit Alexandra Hubin. La sexologue préconise l’apprentissage des techniques scientifiquement prouvées permettant de réguler l’excitation sexuelle pour éviter d’éjaculer précocément. Par exemple, il a été démontré que favoriser des mouvements ou des positions sexuelles nécessitant que peu de tensions musculaires facilitait la possibilité de rallonger le temps avant l’éjaculation. L’initiation à la bonne respiration est également recommandée.

La respiration à la manière des sportifs de haut niveau comme des marathoniens ou des joueurs d’instrument à vent, permet à l’individu de diminuer la tension et accroître sa résistance. Concrètement, il faut respirer à un rythme continu sans faire de pause entre l’inspiration et l’expiration en évitant les saccades et en insistant sur l’expiration.

Moins répandu, les urologues peuvent aussi traiter le problème en prescrivant des séances de kinésithérapie chez des spécialistes pour éduquer son muscle du périnée. Cette discipline, bien développée en Belgique depuis de nombreuses années, propose des formations supplémentaires pour des pathologies spécifiques.

 

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